Le projet du gouvernement est de
privatiser avec une stratégie de contournement : plutôt que d’attaquer frontalement le problème en laissant pourrir le système de l’intérieur, afin que les parents aillent d’eux-mêmes inscrire
leurs enfants dans le privé.
Les médias participent depuis de nombreuses années à cette stratégie sournoise, à grand renfort de démagogie et
d’endormissement. C’est une technique adoptée à l’échelle européenne. Aujourd’hui, sans complexe, le gouvernement ne semble même plus s’embarrasser de cette stratégie pas assez rapide. Tout
s’accélère, avec une arrogance sans précédent, dans toute la fonction publique, afin de mettre au pas et dégraisser dans les hôpitaux, la police ou ce qu’il reste de la Poste par
exemple.
Multiplication des contrats d’association avec les écoles privées.
Ces contrats permettent dorénavant aux écoles
catholiques d’être prises en charge financièrement de façon quasi intégrale par les collectivités territoriales, tout en ayant toujours le droit
d’exercer leur catéchisme 2 heures par jour. Cela s’est passé en mars 2008 dans la plus grande
indifférence.
Coupes drastiques dans le milieu
éducatif:
Celles-ci ont une répercussion directe dans les collèges et les écoles. De la suppression
des places en ITEP ou en IME par exemple découle l’arrivée en collège et en primaire d’élèves qui n’ont pas leur place dans des classes déjà
surchargées, avec des enseignants non spécialisés. Sous prétexte d’intégration de tous les élèves, on économise des postes dans le système
éducatif et on pourrit par la même occasion l’école publique, seule à être obligée d’accepter ces élèves en détresse.
Supprimer le bac :
Un prof ou un élève de seconde ne pourra plus dire le 1er septembre 2009, « je suis [ou j’ai les] 2°3 ». L’année est découpée en deux semestres avec 6 modules au choix en plus des enseignements « fondamentaux ». Chaque module sera évalué en fin de semestre et les 36 modules sur trois ans remplaceront donc le bac : comme pour un empilage de lego, il y aura autant d’élèves que de bac. Le Medef en rêvait : Darcos le fait. Dorénavant, il n’y aura plus un bac national, mais des médailles en toc que le bachelier devra marchander pour obtenir son contrat de travail. Profs comme élèves feront donc deux rentrées par an avec des emplois du temps différents, des élèves ou des profs différents, y compris en maths ou en français. En fin de semestre ils devront faire une semaine « bilan et orientation ». On imagine le foutoir d’un tel dispositif où les élèves n’auront pas cours de la semaine et les profs ne sauront pas quels élèves prendre en charge… C’est donc la programmation d’un bordel généralisé.
Pour parvenir à ses fins, le
gouvernement n’hésite pas à déployer les grands moyens, depuis plusieurs années, avec une nette accélération depuis cet été.
Diviser :
Le lexique utilisé par cette nébuleuse d’ultra-droite est très agressif : Bataille , stratégie, réseau,
alerte, contagion, belliqueux, assiégé, guerre...
Leur idée est déjà de diviser pour régner : en ce sens on peut comprendre par exemple la multiplication des services partagés, brisant les équipes et usant les enseignants. On peut aussi évoquer le hochet des heures sups qu’ils agitent pour faire disparaître les esprits d’équipe. L’autre idée est de multiplier les attaques, car il est plus difficiles de se battre sur plusieurs front à la fois. Ils jouent aussi à fond, même si ce n’est pas nouveau, la carte de la division syndicale.
Précariser :
Blocage des salaires à 0,5% pendant au moins 3 ans. On a tous noté aussi la multiplication des emplois précaires qui touche tous les personnels. Ce n’est pas pour rien que beaucoup d'enseignants hésitent de plus en plus à faire la grève pour une question de moyens. Même si c’est une fuite en avant.
Flexibiliser :
En 2010 le Capes et l’agreg seront supprimés, même si le nom sera gardé. La coquille vide consistera à « dénationaliser » le concours car l’obtention du master sera laissé à la libre appréciation des universités devenues autonomes.
Ce qui implique que les profs de 2010 ne dépendront plus de la grille indiciaire de la Fonction publique. Le jury sera même composé de personnes de la société civile et seulement une épreuve sur 4 concernera la discipline.
Depuis 2008, les TZR et les profs en ZEP n’ont plus de bonification pour les mutations. Les nouvelles règles de mutation semblent pour cette année présager également le pire.
Quant aux instits, ils voient leur temps de travail annualisé avec les 108h. En plus de leur journée, ils doivent dorénavant prendre les élèves en difficulté, déjà fatigués de leur journée. Cela donne des journées non stop.
Surveiller :
Un
appel d’offre hallucinant a été lancé par le ministère pour 220 000 €. Ils cherchent pour le 1er janvier 2009 un bureau d’étude pour repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur
capacité à se constituer en réseau. Ce bureau devra anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise, alerter quotidiennement et préconiser en
conséquence. La chasse aux sorcières est ouverte.
Bâillonner :
Les instits doivent désormais prévenir l’Inspection 48h ouvrables à
l’avance s’ils ont l’intention de faire
grève, afin que les municipalités organisent un service d’accueil, pour briser la grève. C’est pourtant sous Napoléon III (1864) que le droit de grève avait été reconnu.
Discréditer :
Devedjian, un ancien d’Occident qu’on ne présente plus a récemment écrit un courrier à ses
potes. Il dit en substance que les profs sont endormis et que la
droite a l’opportunité de se serrer les coudes pour tout faire passer en force. Certes tout ne va pas bien dans l’Education, mais on peut mettre en valeur aussi ce qui fonctionne : les
seules mesures concrètes que Devedjian préconise sont l’obligation d’apprendre la Marseillaise et la suppression de poste (il va sans vergogne jusqu’à dire que 100 000
profs ne servent à rien).
Enfumer :
L’exemple récent de la médaille pour le bac est une idée du club de l’horloge. Ces petits hochets sont tombés en pleine « réforme du lycée » pour donner un os à ronger aux médias et leur faire oublier l’essentiel. De même pour la Marseillaise rendue obligatoire en primaire. Des pacotilles pour faire diversion.
Texte repris très largement d'un texte trouvé sur le net et écrit par Hervé Lamy
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